Internet
15 SujetsCybersécurité : savez-vous bien vous protéger des fraudeurs ?
Vous vous apprêtez à effectuer des rénovations à votre domicile. Vous avez échangé plusieurs fois par courriel avec votre entrepreneur à propos de votre projet, et vous êtes impatient de voir les travaux débuter. Un jour, l’entrepreneur vous écrit pour vous mentionner qu’en raison d’une annulation il pourrait entreprendre les travaux plus tôt. Selon votre entente initiale, il vous demande toutefois de lui verser une partie de la somme entendue pour la réalisation des travaux afin qu’il puisse se procurer les matériaux nécessaires. Vous effectuez le transfert de fonds selon ses indications. Les jours passent, mais votre entrepreneur ne se présente pas. Vous le contactez et apprenez avec stupéfaction qu’il n’a pas envoyé ce courriel, mais que son compte de messagerie a été piraté. Cette mésaventure, diffusée dans les médias, est celle qu’a vécu une jeune femme habitant à Bristol, au Royaume-Uni. Chaque année, des millions d’internautes comme elle sont victimes de fraudes de toute sorte, dont certaines émanent de stratagèmes si sophistiqués que même les plus prudents d’entre nous n’auraient pu les voir venir. Dans plusieurs cas, ni les banques ni la justice ne peuvent aider les victimes à récupérer les sommes perdues. Outre les pertes financières, notons aussi les conséquences sur la santé, car être victime de tels crimes comporte nécessairement son lot d’angoisse et de frustration. Dans ce contexte, il vaut mieux être toujours prudent lorsqu’on transmet des informations confidentielles en ligne ou lorsqu’on y effectue des transactions financières. Voici quelques conseils simples qui pourraient vous éviter bien des désagréments. Un retour à la base D’abord, à titre de rappel, voici quelques règles de base à respecter. Suivez les conseils d’usage afin de créer des mots de passe sécuritaires. Pour votre ordinateur personnel, il est recommandé d’installer un logiciel antivirus et d’effectuer les mises à jour demandées. Certaines versions de ces outils sont offertes gratuitement en ligne. N’hésitez pas à consulter un expert pour faire votre choix. Assurez-vous également, lorsque vous entrez des informations personnelles ou réalisez des transactions en ligne, d’être sur un site de confiance. Vérifiez bien l’adresse dans la barre de navigation à savoir si elle est légitime. Idéalement, accédez à ces sites en tapant vous-même l’adresse dans la barre de navigation ou en utilisant un favori plutôt qu’en cliquant sur un lien dans un courriel ou sur un site Web. Si vous avez des doutes quant à l’authenticité d’un site ou d’un courriel, communiquez par téléphone avec la personne ou l’organisation concernée afin d’en avoir le cœur net. Et rappelez-vous qu’il est relativement facile et rapide pour des pirates de créer un faux site Web identique à un site officiel. Par conséquent, gardez l’œil ouvert et, dans le doute, évitez d’aller plus loin. Vérifiez également que l’icône de cadenas fermé (ou de clé entière) est bien présente à côté de l’adresse du site consulté pour vous assurer que la communication avec celui-ci est chiffrée, donc sécurisée (l’adresse URL commence par https). Finalement, limitez au maximum la divulgation de vos informations personnelles (numéro de permis de conduire, date de naissance, etc.), notamment dans vos échanges par courriel et sur les médias sociaux. Ces informations pourraient faciliter la vie des fraudeurs lors d’une éventuelle escroquerie et même mener au vol d’identité. Dans ce dernier cas, les conséquences pour la victime sont nombreuses et peuvent s’échelonner sur une longue période. Parmi elles, notons les pertes financières possibles et les effets sur son dossier de crédit. Ajoutons à cela toutes les démarches nécessaires auprès de diverses institutions ainsi que tout le stress associé à un tel événement. À propos, les quiz qui circulent sur les médias sociaux et qui sont en apparence inoffensifs constituent une belle occasion pour des personnes mal intentionnées de recueillir des renseignements personnels (N. B. : cet article est en anglais). Rappelez-vous aussi que les institutions financières ne vous demanderont jamais de renseignements personnels par courriel. Ajoutons en dernier lieu qu’il est conseillé d’être prudent lorsqu’on utilise un réseau sans fil public. Il est très facile pour un pirate informatique de créer des points d’accès sans fil afin d’intercepter vos informations personnelles ou de tenter d’infecter votre ordinateur. Par conséquent, connectez-vous uniquement aux réseaux sans fil connus et protégés par un mot de passe. Lorsque c’est trop beau pour être vrai... Un autre des principes de base à retenir pour diminuer le risque d’être victime de fraude en ligne est celui-ci : lorsqu’une situation semble trop belle pour être vraie, fuyez. Un exemple qui illustre bien cette situation est la fameuse fraude 4-1-9, aussi appelée arnaque nigériane, où un prince vous offre de partager avec lui un important héritage en échange de quelques milliers de dollars pour l’aider à quitter son pays. Vous pensez que personne n’est assez crédule pour tomber dans ce genre de piège ? Eh bien, détrompez-vous. Chaque année, les nombreuses variantes de ce type d’escroquerie coûtent des milliards de dollars aux internautes de partout dans le monde. Des sites répertorient d’ailleurs quelques-unes des plus connues. Lorsqu’on vous offre des prix, sans que vous ayez participé à un concours, des gratuités ou encore des sommes versées en trop pour un bien vendu en ligne, méfiez-vous. Et si vous pensez avoir été victime d’une escroquerie, n’hésitez pas à la signaler le plus vite possible au Centre antifraude du Canada (CAFC), même s’il vous faut ravaler votre orgueil…42 kVues6likes0CommentaireLe crypto-jacking ou quand votre ordinateur mine de la cryptomonnaie à votre insu
Dans le monde de la cryptomonnaie, les derniers mois ont été marqués par une actualité des plus frénétiques et des fluctuations assez intenses. En cause, la traversée d’une bulle spéculative qui n’en finit plus mais peut-être également la crainte d’une régulation par les gouvernements. C’est en partie pour ces raisons que la valeur du bitcoin (BTC) a chuté de façon spectaculaire – par exemple, entre le 17 décembre et février dernier, elle est passée de 25k$CA à un peu plus de 10k$CA. Au-delà des défis techniques que ces monnaies acéphales mettent sur la table, ces fluctuations en termes de parité de change ont probablement joué un rôle plus que déterminant sur la recrudescence des tentatives de piratage, de vols de portefeuilles virtuels et de données personnelles et autres actions frauduleuses. Si l’on s’en tient aux prévisions de certains professionnels du milieu, la liste des gros coups devrait s'alourdir. Ce début d’année a notamment été marqué par le vol record de 60 millions de dollars en bitcoin chez Nicehash , l’agression de ce couple britannique pour son portefeuille virtuel, ou encore Coincheck qui aurait subit un vol encore plus sévère que celui qu’avait subit Mt. Gox en 2014. Avec un BTC qui pourrait remonter et atteindre 60K$ dans l’année, la question de la sécurité vis-à-vis d’un tel investissement représente forcément une problématique bien pesante, si bien que les activités de minage pourraient elles aussi en pâtir. Cependant, avec un minimum de bon sens et de précaution, les dangers peuvent être minimes. Le minage c’est quoi ? À l'instar de la monnaie fiduciaire qui traîne dans nos poches grâce à une banque centrale émettant pièces et billets, les cryptomonnaies se présentent quant à elles sous un aspect immatériel. Elles transitent à travers le réseau, sécurisées par des suites de chiffres et de lettres, appelées hash. Pour créer ces devises virtuelles, en assurer leur sécurité et leur bon fonctionnement, des ordinateurs sont mis à disposition du processus de minage via des logiciels permettant de se connecter à un Pool et donc d’exploiter la puissance de plusieurs machines à la fois. Les processeurs calculent sans relâche 24/7 pour s’assurer de la pérennité de la monnaie. Les transactions (les blocs) sont alors correctement retranscrites et enregistrées sur la « chaîne de bloc », un registre ouvert à tous qui renferme toutes les transactions... Et un vrai cauchemar pour les institutions financières et les gouvernements. La contribution des mineurs, c’est-à-dire la puissance de calcul que leurs machines offrent au réseau, est récompensée en cryptomonnaie. Ces bénéfices viennent s’ajouter jour après jour à la masse déjà en circulation. Cette activité est très rarement effectuée en solo car elle est très coûteuse en énergie et peu rentable. Ce sont plutôt des coopératives (pool) ou des fermes qui s’en chargent. L’union fait la force, et dans ce cas précis, elle multiplie la puissance et le Hashrate, autrement dit la rapidité de calcul et donc...plus de calculs = plus de blocs retranscrits = plus de profit. ¯\_(ツ)_/¯ Le hacking n’épargne pas le mining Bien évidemment, cette activité présente des failles et des opportunités d’agir à l’encontre de n'importe quel individu honnête dont l’ordinateur est connecté. En effet, il est de plus en plus fréquent de voir le CPU (processeur) d’un ordinateur “pris en otage” dans le seul le but de miner à l’insu de l’internaute, à l’aide de Coinhive par exemple. Ce script simple comme bonjour mine du Monero (une des multiples cryptomonnaies) ni vu ni connu. Si votre machine lague x 1000 et que votre facture d'électricité est anormalement élevée, il se peut que vous soyez en train de créer de la cryptomonnaie sans le savoir -et malheureusement, vous ne verrez pas la couleur d’un seul fragment des BTC que votre ordinateur est en train de générer. En 2018, selon les prédictions d’une poignée d’experts, cette tendance à “emprunter” des CPUs devrait être revue à la hausse. On pourrait même, après Youtube, The Pirate Bay et une multitude de sites gouvernementaux, voir s’élargir l’éventail de vitrines et plateformes utilisées pour agir. Enfin, à l’heure actuelle aucun navigateur n’offre de protection contre ce genre de pratique, mais il existe cependant des solutions telles que l'extension No Script pour Chrome, Firefox et Opera, ou encore ces bons vieux bloqueurs de pub que sont 1Blocker, uBlock Origin et Adblock Plus. Avec ça aucun stress: il y a très peu de chance que l’on puisse s’enrichir sur votre dos. Petit lexique utile via bitcoin.org : Hash : L'un des maillons essentiels à la sécurité du BTC repose sur la fonction de hashage SHA 256. Il s'agit d'une fonction mathématique qui, à partir d'une somme d'informations (mots, chiffres, caractères ... ), détermine une empreinte unique Cette empreinte est appelée hash. Chaîne de bloc : La chaîne de blocs est un journal public de toutes les transactions classées par ordre chronologique. Elle est partagée entre tous les utilisateurs du réseau Bitcoin. Elle est utilisée pour vérifier la permanence des transactions Bitcoin et empêcher la double dépense. Bloc : Un bloc est un enregistrement dans la chaîne de blocs qui contient et confirme plusieurs transactions en attente. Toutes les 10 minutes, en moyenne, un nouveau bloc contenant des transactions est ajouté à la chaîne de blocs par le minage.9,4 kVues2likes0CommentaireAttention aux rançongiciels
Par Marc-André Gagnon, spécialiste en sécurité de l’information. Combien seriez-vous prêt à payer pour récupérer votre travail de fin de session ? Vos photos et vidéos de famille ? Les documents de votre entreprise ? C’est ce que vous devrez considérer si vous êtes confronté à un rançongiciel (ransomware). Il s’agit d’une forme de virus informatique en forte progression, qui a pour but de bloquer l’accès à vos précieuses données en les chiffrant selon les meilleures pratiques de l’industrie. Vous ne pourrez alors plus accéder à vos fichiers sans les déchiffrer, et pour ce faire, il faut obtenir la clé de déchiffrement. Cette clé vous sera (peut-être) remise par le créateur du virus en échange d’une rançon. Vous devrez généralement payer la rançon en monnaie virtuelle (généralement Bitcoin). En dollars, calculez entre 500$ et 1000$ pour une rançon typique. Pour une entreprise, les montants demandés sont encore plus élevés, de l’ordre de 10 000$ et plus. Vous aurez généralement entre 24 et 72 heures pour payer, et le montant demandé pourrait même augmenter au fil du temps. Vous comprenez donc qu’il s’agit d’une forme d’extorsion très lucrative pour les fraudeurs. Figure 1 - Message de rançon pour WannaCry Soyez vigilant Comme tout virus informatique, il existe de multiples façons d’attraper un rançongiciel, particulièrement : Par courriel (une pièce jointe ou un lien vers un document infecté). Un logiciel téléchargé d’une source non officielle, par exemple BitTorrent. Un site légitime, qui devient temporairement compromis, peut vous proposer d’installer un logiciel malicieux, comme une fausse mise à jour Adobe Flash. Être sur le même réseau qu’un ordinateur infecté, particulièrement si votre appareil n’est pas à jour. Une application malicieuse sur le Google Play Store ou l’Apple App Store. Les plateformes Windows et Android sont les plus ciblées par ces virus. Il existe cependant quelques variantes pour Apple OSX et IOS. Il faut donc demeurer vigilant dans nos comportements. Il est également important d’avoir un antivirus actif et à jour. Il n’y a plus d’excuses à ce sujet, puisque Microsoft fournit Windows Defender gratuitement. Que faire en cas d’infection ? La première chose à faire : débrancher votre clé USB, disque externe, câble réseau et éteignez votre WiFi. Le but est d’empêcher le rançongiciel de chiffres vos données sur vos dossiers synchronisés (Google Drive, OneDrive, iCloud, Dropbox, etc.), vos périphériques et les autres appareils sur votre réseau. Si vous utilisez un poste d’entreprise (ou si vous êtes au bureau), avisez immédiatement l’équipe de soutien technique. L’opération de chiffrement de vos données prend un certain temps, alors si vous venez tout juste d’être infecté, éteignez votre ordinateur et vous pourrez peut-être contenir les dégâts. Ne payez pas la rançon. Vous n’avez aucune garantie que vous récupérerez vos données. N’oubliez pas que vous transigerez avec un fraudeur malhonnête, ne vous attendez pas à un service après-vente ! D’ailleurs, certaines variantes de rançongiciel de ne sont mêmes pas prévues pour vous permettre de déchiffrer vos données après le paiement, il s’agit seulement d’un bluff ! Si vous pouvez, apportez votre ordinateur dans un centre de réparation afin de valider si votre ordinateur possède des fichiers récupérables. Certains rançongiciels sont meilleurs (pires) que d’autres. En fin de compte, la seule stratégie viable à 100% consiste à tout réinstaller et restaurer vos données à partir de vos sauvegardes. Encore faut-il avoir des sauvegardes !8,3 kVues2likes0Commentaire