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Partagez vos photos de famille sécuritairement en ligne
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Comment partager vos photos en ligne sans surexposer vos enfants

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Sthemens
Initiate
18-03-2026

Durant chaque période de vacances, il nous vient l’envie de publier nos moments magiques en famille. Nos fils d’actualité se remplissent alors rapidement de petits visages émerveillés devant les activités qu’ils ont préférées. Cette pratique courante, spontanée et bien intentionnée, porte un nom. On parle de sharenting (share + parenting). Découvrez nos conseils pour adopter de meilleures habitudes de publication, tout en respectant la vie privée de vos enfants.

Qu’est-ce que le sharenting ?

Le sharenting désigne l’habitude de partager des photos, vidéos et anecdotes de ses enfants en ligne. Sur les médias sociaux, en particulier, ces données peuvent être sensibles. Nous vous expliquons les raisons.

5 pratiques pour favoriser un sharenting responsable

Nous nous inspirons notamment des recommandations de la Ligue des droits et libertés, ainsi que des conseils de Bouygues Telecom. Voici une liste de bonnes pratiques pour un sharenting responsable :

1. Connaître les risques liés au partage d’images en ligne

Avant de publier, il est utile d’avoir en tête que les photos partagées en ligne peuvent être réutilisées hors de leur contexte initial. De multiples sources font état des risques croissants de détournement d’images d’enfants. La Commission nationale de l’informatique et des libertés souligne que les photos de jeunes détournées à des fins malveillantes sont employées :

  • Pour de faux profils
  • Pour des montages
  • Pour une réutilisation dans des contenus à caractère sexuel

Selon un rapport de la Fondation pour l’Enfance publié en octobre 2024 (L’IA générative, nouvelle arme de la pédocriminalité), 50 % des images ou vidéos d’enfants échangées sur les forums pédocriminels proviennent de publications faites par leurs parents sur les réseaux sociaux.

Être informé de ces réalités permet d’adopter des réflexes affûtés, comme ceux dont nous vous faisons part dans les points suivants.

2. Se sensibiliser à l’empreinte numérique

Chaque publication contribue, peu à peu, à construire l’identité numérique d’un enfant. Comme il n’est pas encore en mesure de comprendre tous les enjeux liés à cette visibilité, il est important d’anticiper l’impact à long terme de ce que l’on partage. Se demander comment les images partagées pourraient être perçues plus tard par l’enfant aide à préserver son intimité et sa vie privée, tout en lui offrant un environnement numérique respectueux.

Marie-Pier Jolicoeur, doctorante en droit de l’enfance à l’Université Laval et à l’Université d’Ottawa, a déjà fait état de l’enjeu derrière la création de l’empreinte numérique non consentie. « En jeune âge, l’enfant ne comprend pas encore tous les enjeux associés à la création d’une empreinte numérique en ligne. »

« Demander le consentement de l’enfant avant de partager sa photo dans un groupe est une bonne pratique pour respecter sa vie privée, qui sert aussi d’exemple lorsque le jeune sera en âge de partager ses propres photos », souligne Emmanuelle Parent du Centre pour l’intelligence émotionnelle en ligne (CIEL).

3. Limiter l’audience et privilégier la messagerie privée

Réservez les photos d’enfants à la famille proche, ou créez des groupes privés sur Facebook et vos autres médias sociaux. Évitez les profils et les comptes publics, et protégez vos comptes en resserrant les paramètres de confidentialité.

Envisagez aussi l’envoi par messagerie privée, courriel ou album partagé, plutôt que sur le fil d’actualité. Comme mesure de sécurité, par exemple, vous avez la possibilité de limiter qui peut vous contacter sur Instagram.

4. Flouter ou détourner le visage

Utilisez des autocollants (stickers) ou prenez les enfants de dos ou de loin pour limiter la possibilité de les identifier. Laissez aller votre créativité !

5. Choisir avec soin les photos partagées

Choisissez des images qui mettent votre enfant en valeur et assurez-vous qu’il n’y a pas de tenue légère. Évitez les photos qui pourraient être humiliantes ou les clichés démontrant l’enfant en position vulnérable, par exemple s’il est malade ou contrarié.

Enfin, retirez tout détail qui permettrait de l’identifier facilement, en raison des risques de fraude ou de pédocriminalité : uniformes, adresse, nom de rue, mention d’école ou lieux d’événements sportifs.

Partager des souvenirs en ligne avec bienveillance

Publier vos souvenirs de vacances ou d’événements festifs en ligne n’est pas incompatible avec le respect de la vie privée des enfants.

En adoptant des pratiques simples, vous pouvez continuer à célébrer et à documenter ces moments précieux. L’essentiel est de faire preuve d’attention et de se poser les bonnes questions avant de publier.

Vous pouvez aussi vous appuyer sur les outils de Vidéotron et du Centre pour l’intelligence émotionnelle en ligne (CIEL), comme la Boussole numérique. Ils sont à votre disposition pour vous aider à amorcer une discussion bienveillante avec vos enfants sur leurs habitudes numériques.

N’hésitez surtout pas à transmettre ces conseils à vos proches!

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Mis à jour 18-03-2026
Version 2.0
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